01-09-2011

L’algue Caulerpa taxifolia diminue en Méditerranée…

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La caulerpe appelée Caulerpa taxifolia a presque disparue des fonds marins du nord de la Méditerranée, au grand bonheur des scientifiques qui observaient, relativement impuissants, l’invasion de cette algue tueuse. Le début de cette mauvaise histoire remonte à 1984 quand un bout d’algue, un stolon, est expulsé accidentellement par le système de rejet des eaux des aquariums de Monaco en pleine mer.
L’algue devient rapidement envahissante et vers 1990, c’est l’affolement car la superficie conquise par l’algue va atteindre jusque 15.000 hectares! Mais cet été, la situation s’inverse et la Caulerpa taxifolia, régulièrement qualifiée d’algue tueuse, régresse au point de connaître une situation de disparition.
Notons toutefois que la guerre contre cette algue n’est pas définitivement gagnée, su rtout que les causes de cette subite régression ne sont pas déterminées avec précision.

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28-08-2011

Le réchauffement climatique ne menace pas que les espècesterrestres. Les mollusques et les coraux souffrent de l’augmentation de la température de la mer Méditerranée. La résistance des coquilles et squelettes est mise à rude épreuve face à l’acidification des eaux. Explications.

Certains organismes calcificateurs (moules, coquillages et coraux) protègent leur coquille ou leur squelette de l’action corrosive de l’eau de mer. Cela leur confère une extraordinaire capacité à résister à l’acidification croissante de l’eau de mer, liée aux rejets de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère. Malgré tout, cette résistance est amoindrie quand ces organismes sont exposés à une température élevée (supérieure à 28,5 °C) durant une longue période. C’est ce que révèle une étude internationale1 codirigée par Jean-Pierre Gattuso du Laboratoire d’océanographie de Villefranche (CNRS/UPMC) et publiée dans la revue Nature Climate Change. Des résultats qui laissent à penser que le réchauffement prévu de la mer Méditerranée, couplé à l’acidification de ses eaux, va accroître la fréquence des épisodes de mortalité de ces organismes.

 

 

 

Les océans absorbent environ le quart des rejets de gaz carbonique (CO2) résultant de l’utilisation des combustibles fossiles et de la déforestation. Cela représente environ 1 million de tonnes de CO2 par heure et entraîne un bouleversement de la chimie de l’eau de mer, notamment une augmentation de son acidité. Une acidité qui peut représenter à terme une menace pour les organismes calcificateurs qui fabriquent un squelette ou une coquillecalcaire, comme les coraux et les mollusques.

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Coquille d’une moule (Mytilus galloprovincialis) maintenue à un niveau d’acidité élevé.
Les parties blanchâtres ne sont pas protégées par une couche organique et se dissolvent. © Riccardo Rodolfo-Metalpa (IAEA)

Les mollusques et coraux menacés par l’acidité élevée de l’eau

Dans cette étude, les chercheurs ont installé des coraux, patelles (coquillages) et des moules autour de l’île d’Ischia (golfe de Naples, Italie) dont les eaux sont naturellement acidifiées par des sources de CO2 liées à l’activité volcanique du Vésuve. L’utilisation d’un radiotraceur (isotoperadioactif) leur a permis de montrer que la fabrication de calcaire par ces organismes reste possible au niveau d’acidité attendu en 2100 (pH de 7,8 en 2100, versus pH 8,1 aujourd’hui), parfois même à un rythme accru. Les tissus et les couches organiques recouvrant les squelettes et les coquilles de ces organismes jouent un rôle majeur dans la protection de leurs structures de carbonate de calcium. En revanche, les parties de coquille ou de squelette qui ne sont pas protégées par des tissus ou des moléculesorganiques elles, restent plus vulnérables et se dissolvent d’autant plus vite que l’acidité est élevée. Cependant les chercheurs montrent que cette capacité de résistance est très amoindrie lorsque les organismes sont soumis à une longue période de température inhabituellement élevée (28,5 °C). La mortalité des organismes est alors d’autant plus importante que l’acidité est élevée.

Certains invertébrés marins vivent déjà actuellement à une température proche de leur limite de tolérance et subissent des épisodes de mortalité massive. La combinaison du réchauffement de la mer Méditerranée et de l’acidification de ses eaux devrait augmenter leur fréquence.

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26-08-2011

La prolifération des méduses, sans doute conséquence de la sur-pêche…

La prolifération des méduses, sans doute conséquence de la sur-pêche

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PARIS — La prolifération des méduses en Méditerranée et Mer Noire, conduisant régulièrement à la fermeture temporaire de plages, pourrait être une conséquence de la surexploitation des stocks de pêche par les pêcheurs européens, estime jeudi l’alliance Ocean2012.

Selon une étude de ce groupe d’une centaine d’organisations de défense des écosystèmes marins, « les bancs de méduses s’accroissent et les pressions exercées par des activités humaines, telles que la sur-pêche, en seraient la cause la plus probable ».

Ocean2012 note que « le prélèvement d’un trop grand nombre de poissons dans ces écosystèmes offre à ces méduses une niche écologique où elles peuvent prospérer ».

Le document précise cependant que ce facteur n’est que l’une des causes possibles avancées par les scientifiques et politiques pour expliquer le pullulement des méduses aux côtés de la modification des courants, la salinité ou la température de l’eau, voire le changement climatique.

« Certains chercheurs affirment, selon Ocean2012, que la sur-pêche permet aux populations de méduses de croître de manière exponentielle ».

L’alliance affirme en citant des chiffres de 2011, que parmi les stocks dont les données étaient disponibles dans l’UE, 63% étaient sur-pêchés contre 28% en moyenne mondiale. Pour la Méditerranée, le constat était encore plus alarmant avec 82% des stocks connus victimes d’une exploitation excessive.

Pour remédier aux dangers des méduses, dont les piqûres peuvent provoquer des brûlures voire la mort pour les personnes atteintes de troubles cardiaques ou respiratoires, Ocean2012 préconise une réforme en profondeur de la politique commune de pêche (PCP) dans l’UE sur laquelle travaillent les Etats membres depuis plusieurs mois.

Le projet de réforme de la PCP, présenté en juillet par Bruxelles et vivement critiqué par les ONG et les professionnels, vise notamment à mettre un terme à la surexploitation des ressources halieutiques d’ici 2015 et à créer un marché des droits de pêche pour contribuer à une réduction de la flotte.

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20-08-2011

Méditerranée : pêche du corail rouge interdite à moins de 50 m…

  

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La pêche du corail rouge vient d’être interdite par l’Etat à faible profondeur en Méditerranée sur les côtes

de la Catalogne française, mais les plongeurs n’apprécient pas du tout cette mesure.

 

De récentes études montrent que les stocks de corail rouge au large du Roussillon sont menacés. Le Laboratoire océanologique Arago de Banyuls-sur-Mer a donc fait part de la décision de l’Etat d’en interdire la pêche à moins de 50 mètres. Ne figurant pas dans le classement des espèces protégées ou menacées, le corail rouge est très convoitépar les plongeurs. Utilisé en joaillerie, son prix peut atteindre jusqu’à 3 000 euros le kilo, ce qui lui vaut son surnom « d’or rouge« .

Le Syndicat régional des pêcheurs plongeurs en scaphandre autonome (SRPPSA) dénonce une « entrave à la liberté du travail« , empêchant les professionnels d’exercer leurs métiers. De leur côté, les défenseurs du corail rouge entendent bien protéger cet élément phare du paysage sous-marin et l’activité touristique qu’il génère. 

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28-07-2011

Méditerranée: une nursery pour requins…

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Les requins qui vivent au large des côtes françaises de la Méditerranée sont surtout de jeunes spécimens, un phénomène qui intrigue les spécialistes qui ont lancé plusieurs études pour tenter d’en comprendre les raisons, à l’image de l’association montpelliéraine Ailerons.

Le constat est fait depu is quelques années par l’ensemble de la communauté scientifique. Mais aussi par les pêcheurs au gros de la Méditerranée. Lorsqu’un requin est capturé à des fins scientifiques – et relâché – il est loin d’avoir atteint sa taille adulte.

D’où la thèse qui s’est imposée: « Les abords des côtes françaises servent de nursery aux squales », explique Nicolas Ziani, président-fondateur de l’Association Ichtyologique pour l’Etude, la Recherche, l’Observation dans la Nature des Sélaciens (Ailerons), spécialisée sur la Méditerranée.

Pourquoi? il n’y a pas de certitudes, seulement des convictions: la nourriture, la qualité et température de l’eau, la présence de grandes profondeurs… Bref, « un écosystème favorable au développement des requins qui vivent toujours à 10 km au large », affirme M. Ziani.

Les études actuelles sur les sélaciens pourraient apporter des éléments complémentaires importants dans la compréhension de leur mode de vie. Il s’agit pour Ailerons, en collaboration avec les fédérations des pêcheurs en gros (FNPPSF), de marquer et prélever à des fins d’analyses ADN.

« L’intérêt est de les suivre et d’obtenir aussi des informations sur leurs liens de parentés et sur leurs origines », commente M. Ziani, soulignant que « la Méditerranée accueille 51 espèces de requins, « un maillon essentiel de la chaîne alimentaire aquatique », sur les quelque 400 à 450 qui existent ».
Balises satellites 

L’an passé, quatre sélaciens ont ainsi été pêchés, marqués puis relâchés. Depuis le début de l’année, un autre a subi un marquage similaire. Et d’ici la fin de l’été, deux campagnes sont prévues à partir de Carnon (Hérault) et surtout à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales).

A proximité de la frontière espagnole, il y aura un objectif supplémentaire: placer des balises satellites sur les requins capturés. La cible privilégiée sera le requin bleu, une espèce plus fréquente à cet endroit, un réseau de canyons de 1.000 à 2.000 m de profondeur.

Ce balisage, que l’Italie a déjà pratiqué, est en revanche une première dans les eaux françaises. Il permettra de géolocaliser les squales lorsqu’ils reviennent à la surface, sur une durée de 9 mois. « Nous voulons suivre leur migration, savoir quand ils arrivent et quand ils repartent », précise M. Ziani.

L’idée est aussi de proposer une autre image de ce « monstre » déjà présent dans les mers il y a 400 millions d’années. D’autant que les attaques sur l’homme sont rarissimes. Dans les eaux méditerranéennes françaises, la dernière en date remonte à 1998.

Même jeunes, « en Méditerranée, il y a des requins potentiellement dangereux, concède M. Ziani. On a observé trois-cent-quatre-vingt-neuf grands requins blancs. Il y a eu aussi quatre observations de requin tigre, l’un des très dangereux ». « Mais c’est depuis… le moyen-âge et au large », tempère-t-il.

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17-07-2011

L’Ifremer évalue les ressources de petits poissons pélagiques en Méditerranée…

Les campagnes PELMED ont lieu chaque année, depuis 1993, et fournissent des données diverses sur les petits poissons pélagiques : nombre d’individus, poids par espèce, âge… Elles permettent également de compléter les échantillonnages biologiques sur les deux principales espèces (anchois et sardine), indispensables pour caractériser leur état (fertilité, croissance, survie…). Qui plus est, grâce aux informations ainsi récoltées, les scientifiques de l’Ifremer suivent au plus près l’évolution des stocks de ces poissons, à la base de l’alimentation  de plusieurs prédateurs, afin notamment de mieux gérer les ressources halieutiques dans le golfe du Lion.

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06-07-2011

La Méditerranée proche du « point de non retour »

Un rapport détaille sur 300 pages tous les maux qui rongent la mer Méditerranée, « une bombe à retardement écologique ».

 

Le rapport : http://www.senat.fr/rap/r10-652/r10-6521.pdf

 

Le sénateur de l’Aude, Roland Courteau, a présenté récemment au Sénat un rapport pour le moins alarmant, « La pollution de la Méditerranée : État et perspectives à l’horizon 2030″.

 

La Méditerranée a ainsi vu grossir le flux de molécules chimiques, de matières organiques, de déchets de matières plastiques, de bateaux de pêche et d’espèces invasives.

 

Les causes sont connues mais leurs effets semblent plus dévastateurs que jamais. Les hydrocarbures sont pointés du doigt mais aussi les nitrates, les phosphates, les métaux lourds, les pesticides, les polluants de toutes sortes et une « pollution émergente« , les produits pharmacologiques. Le rapport souligne qu’il faudrait « 50 millions d’années pour tester individuellement chacune des molécules connues« . Autant de facteurs qui impactent non seulement les masses d’eau, mais toute la biodiversité, 12.000 espèces recensées.

 

L’une des causes premières avancées par le rapport est l’augmentation de la population dans les pays littoraux, passée de 285 millions à 427 millions d’habitants entre 1970 et 2000, « soit 50 % au total, dont 14 % pour les pays de la rive Nord et 101 % pour les pays des rives Est et Sud« . Dommage collatéral inéluctable, « la littoralisation« , c’est-à-dire l’augmentation des populations vivant près de la côte, passée sur la même période de 96 à 145 millions.

 

Face à cet état des lieux préoccupant, le sénateur de l’Aude préconise dix propositions, au premier rang desquelles, la mise en place d’une politique commune de lutte contre la pollution entre les pays littoraux de 
la Méditerranée, ainsi que de réactiver les coopérations de recherche et la création de nouvelles aires marines protégées.

 

 

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28-06-2011

Les aires marines protégées encore insuffisantes pour préserver la biodiversité méditerranéenne…

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L’emplacement du réseau d’aires marines protégées, développé depuis les années 1960 en mer Méditerranée, est efficace dans la protection de certaines espèces comme les poissons. Malgré les efforts consentis, certaines zones de forte biodiversité en tortues et en mammifères marins, localisées notamment en Afrique du nord et à l’extrémité est du bassin méditerranéen doivent faire l’objet d’une attention plus particulière. Voici le principal constat de l’étude internationale menée notamment par des chercheurs du laboratoire écologie des systèmes marins côtiers (CNRS/IFREMER/IRD/Université Montpellier 2), de l’Institut des sciences de l’évolution (CNRS/IRD/Université Montpellier 2) et du laboratoire écosystèmes marins exploités du centre de recherche halieutique (IRD/IFREMER/Université Montpellier 2) et dont les résultats sont publiés sur le site des revues Current Biology et Global Ecology & Biogeography.

La mer Méditerranée contient 4 à 18% des espèces marines, ce qui est considérable sachant qu’elle représente moins de 1% de la surface de l’océan mondial. Ce « point chaud » (hot spot) de biodiversité est devenu une région prioritaire dans un contexte planétaire de prise de conscience de la nécessité de protéger les espèces. La mer Méditerranée est aussi l’un des espaces maritimes où l’action de l’homme est la plus marquée avec une forte pression de pêche, une forte densité de population (175 millions d’habitants sur l’ensemble du pourtour méditerranéen et 350 millions de touristes par an), une pollution sans cesse grandissante et une température moyenne qui devrait augmenter (+3,1°C d’ici 2100). Pour protéger les espèces et les habitats, plus d’une centaine d’aires marines protégées (AMP) ont été créées en Méditerranée depuis les années 1960. Cependant elles ne couvrent que 0,4% de la surface totale (9 910 km²) et ont été créées dans un contexte politique et socio-économique local sans véritable stratégie à grande échelle.

Les chercheurs du consortium ont compilé une base de données recensant la distribution géographique des mammifères marins, des tortues, des oiseaux, des poissons et de quelques invertébrés afin d’identifie r, pour la première fois, le chevauchement spatial de la biodiversité avec les réserves marines et les pressions anthropiques. Ils montrent que les différentes composantes de la biodiversité méditerranéenne ne sont pas concentrées aux mêmes endroits et que certaines, comme les tortues ou les mammifères marins, sont exclues du réseau d’aires marines protégées.

Cette approche à large échelle montre l’urgence d’augmenter la surface protégée en Méditerranée pour conserver les nombreuses composantes de la biodiversité face à une pression humaine toujours croissante. Ce travail suggère une gestion de la biodiversité qui dépasse le cadre des politiques nationales et les contraintes historiques. L’enjeu est désormais de mieux positionner les nouvelles aires marines protégées notamment dans des zones jusqu’alors délaissées qui présentent néanmoins une forte biodiversité, par exemple la côte Nord-Africaine ou l’Adriatique

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26-06-2011

Lâcher de Tortue…

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En novembre 2010, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage était alerté par la gendarmerie maritime qu’un pêcheur de Saint-Cyprien avait ramené dans son filet, une tortue affaiblie. Il s’agissait en fait d’une tortue caouanne (caretta caretta), seule tortue marine nidifiant en Méditerranée.

 Cette tortue a été immédiatement récupérée afin de la transférer au centre d’étude et de sauvegarde des tortues de Méditerranée au Grau-du-Roi, dans l’Hérault.

Et tout récemment, après six mois de soins en attendant que les eaux de la Méditerranée se réchauffent, c’était le retour à la liberté pour la jeune tortue, après lui avoir posé une bague d’identification. Le lâcher s’est déroulé au large de Banyuls, en collaboration avec le correspondant du Réseau des tortues marines de Méditerranée française du laboratoire Arago (UPMC, CNRS) ainsi que les agents de la réserve naturelle marine de Cerbère-banyuls.

C’est l’occasion de rappeler que les tortues marines sont des espèces menacées – à cause de la pollution, de la raréfaction des sites de ponte, des collisions – et protégées. En cas de découverte d’un spécimen vivant ou mort, il est impératif de contacter le responsable régional du Réseau des mammifères marins et tortues marines de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage au 06 27 02 58 66 ou laurent.dupont@oncfs.gouv.fr

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22-06-2011

Dans l’EXPRESS….  » Pollution: alerte rouge en Méditerranée « 

Présenté par le Sénateur PS de l’Aude Roland Courteau, le rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) dresse un constat alarmant pour la flore et la faune méditerranéennes.

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Urbanisme littoral démesuré, pollutions agricoles, rejets d’hydrocarbures, plateformes d’exploitation pétrolières à risque, contaminations chimiques: votre rapport sur la Méditerranée est quasi apocalyptique. Comment en est-on arrivé là?

C’est vrai, la situation est préoccupante. En se projetant à l’horizon 2030 et en tenant compte des effets du réchauffement climatique, des pollutions émergentes comme celles des produits pharmaceutiques peu filtrés par les stations d’épurations -quand elles existent!-, on aboutit à un état des lieux très inquiétant. En fait, on est proche d’un point de non retour. Il est tout juste de temps d’agir! Nous ne sommes pas loin de l’alerte rouge. On peut d’ailleurs s’étonner que la prise de conscience des maux qui rongent la Méditerranée ne soit pas plus élevée autour de son bassin. 

C’est un constat d’échec des divers dispositifs mis en oeuvre?

Depuis 1976, des politiques de coopération et une ébauche de gouvernance anti-pollution existe au travers de la Convention de Barcelone et de son Plan d’action Méditerranée (PAM). Celui-ci gère une dizaine de protocoles conclus avec 21 états riverains, mais le bilan est en demi-teinte, car nombre d’états ne mette nt pas en oeuvre les accords qu’ils ont ratifiés! De son côté l’Union européenne ne peut intervenir que sur son périmètre. Quant à l’Union pour la Méditerranée elle est encalminée et bute sur les questions géopolitiques des territoires occupés par Israël. Il faut donc dissocier du contexte politique le traitement technique des dossiers et traiter des questions de fond via une agence de protection où les décisions seraient prises non plus à l’unanimité, comme c’est le cas avec la convention actuelle, mais à la majorité qualifiée. 

Vous parlez d’apurer le passé?

La mer garde la mémoire de toutes les agressions qu’on lui fait vivre. Depuis des décennies par exemple, le relargage de produits comme les PCB et des polluants organiques persistants, est interdit dans l’Union européenne. Néanmoins, ils persistent dans l’environnement marin, s’y lyophilisent, facilitant leur transmission dans la chaîne alimentaire, ce qui n’est pas acceptable. S’y ajoute, dans les pays de la zone sud et Est du bassin, ces stocks de pesticides interdits d’usage et qu’il s’agirait de détruire. Sans parler des plateformes pétrolières souvent vétustes, qui présentent des risques mais dont on n’arrive même pas à connaître l’ancienneté! 

Sur quelles futures menaces faudrait-il agir dès à présent?

Il y a deux domaines où la situation peut vite devenir gravissime. La consommation des produits pharmaceutiques -antibiotiques et anticancéreux ou perturbateurs endocriniens- et la polymérisation de la mer -ces minuscules débris de plastiques qui fixent les polluants et les transmettent à la chaîne alimentaire par l’intermédiaire du phytoplancton. Il est essentiel d’amplifier les recherches sur la façon dont les stations d’épuration filtrent, ou non, ces pollutions selon les molécules concernées. 

Vu le contexte, les aires marines protégées déjà en place vous semblent-elles trop fragiles?

A l’évidence. Beaucoup parmi la vingtaine existant aujourd’hui, ne sont des aires protégées que sur le papier, faute de moyens de gestion -voire de police. Mais il faut amplifier le mouvement et donner une nouvelle impulsion à ces territoires, qui sont des conservatoires de biodiversité. J’ai d’ailleurs bon espoir de voir prochainement aboutir en Languedoc-Roussillon, sur 4000 km2 entre Leucate et Port Cerbère, un parc naturel marin de la Cote Vermeille qui s’ajoutera à celui de Porquerolles. Il s’agit de faire en sorte que la Méditerranée reste un point fort de la biodiversité planétaire. 

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